Un client ne sait pas rédiger un brief — et ce n'est pas son métier. C'est le tien. Ton rôle pendant le premier échange est d'extraire les informations dont tu as besoin pour travailler, de les structurer et de les reformuler dans un document validé par les deux parties. Voici les questions, regroupées par thème, dans l'ordre logique d'un premier entretien.
L'entreprise et le contexte
Avant de parler design, comprends qui est ton client et d'où il part.
Quelle est ton activité en une phrase ? Force une réponse synthétique. Si le client ne peut pas résumer son activité simplement, tu auras du mal à la communiquer visuellement.
Depuis quand l'entreprise existe-t-elle ? Une entreprise de 20 ans avec une clientèle établie n'a pas les mêmes besoins qu'un lancement.
Qu'est-ce qui te différencie de tes concurrents ? La réponse (ou l'absence de réponse) te donne le positionnement — ou révèle qu'il n'y en a pas encore.
Quels sont tes 3 principaux concurrents ? Indispensable pour vérifier que ton travail ne ressemblera pas à celui du voisin.
Le projet
Quel est l'objectif de ce projet ? « Avoir un beau logo » n'est pas un objectif. « Disposer d'une identité visuelle cohérente pour l'ouverture de notre deuxième boutique » en est un.
Qu'est-ce qui déclenche ce projet maintenant ? Lancement, refonte, changement de marché, levée de fonds. Le déclencheur influence les priorités et l'urgence.
Y a-t-il un existant graphique ? Logo actuel, supports existants, charte en place. Demande à tout voir — même ce que le client trouve « pas terrible ». Comprendre ce qui ne fonctionne pas est aussi utile que savoir ce qui doit fonctionner.
Quels sont les livrables attendus ? Liste précise. Logo seul ou identité complète ? Charte graphique ? Supports print ? Templates réseaux sociaux ? Chaque livrable est un poste de ton devis.
La cible
Qui sont tes clients / utilisateurs ? Âge, profil, habitudes, niveau socio-économique. Si le client répond « tout le monde », reformule : « Si tu ne devais garder qu'un seul type de client, ce serait qui ? »
Quel message la cible doit-elle retenir ? Une seule idée. « Qualité artisanale », « Innovation accessible », « Expertise technique ». Ce message guide toutes les décisions visuelles.
Quel ton veux-tu adopter ? Sérieux, chaleureux, premium, décalé, institutionnel. Demande des exemples concrets plutôt que des adjectifs abstraits.
Les références visuelles
Quelles identités visuelles t'inspirent ? Demande 3 à 5 exemples avec la raison pour chaque choix. « J'aime le site de X parce que c'est épuré » est exploitable. « J'aime le site de X » seul ne l'est pas.
Qu'est-ce que tu ne veux surtout pas ? Les contre-exemples sont souvent plus révélateurs que les exemples. Ils éliminent des directions entières et évitent les malentendus.
Y a-t-il des couleurs, polices ou éléments imposés ? Couleur historique de la marque, police imposée par une enseigne, pictogramme existant à conserver. Identifie les contraintes non négociables dès le début.
Les contraintes
Sur quels supports le design sera-t-il utilisé ? Web, print, signalétique, broderie, gravure. Chaque support impose des contraintes techniques qui influencent la création.
Quel est le budget prévu ? Pose la question directement. Si le client ne donne pas de chiffre, propose une fourchette : « Pour ce type de projet, les tarifs vont généralement de X à Y. Ça correspond à ce que tu avais en tête ? »
Quel est le calendrier ? Date de livraison souhaitée. Y a-t-il une date butoir non négociable (événement, ouverture, salon) ?
La validation
Qui valide les étapes ? Une seule personne ou un comité ? Si comité, combien de personnes, et qui a le dernier mot ?
Quel est le mode de communication préféré ? E-mail, visio, téléphone, présentiel. Cale-toi sur les habitudes du client.
Ne pose pas toutes ces questions comme un interrogatoire. Intègre-les dans une conversation naturelle. Note les réponses, puis formalise le brief par écrit et fais-le valider. Un brief oral non formalisé ne vaut rien.