Le moment où tu montres ton travail au client est le moment le plus critique du projet. Si tu envoies un PDF par e-mail sans contexte, tu recevras des retours vagues, contradictoires ou émotionnels. Si tu structures la présentation, tu guides le client vers des retours précis et exploitables. La différence n'est pas dans la qualité du design — elle est dans la méthode de présentation.
Règle 1 — Ne jamais envoyer un fichier sans contexte
Un e-mail avec « Voici les premières pistes, dis-moi ce que tu en penses » est une invitation au chaos. Le client regarde les visuels seul, sans explication, et réagit avec ses goûts personnels au lieu d'évaluer par rapport au brief.
Présente toujours en direct — visio ou présentiel. Si c'est impossible, accompagne tes visuels d'un document de présentation structuré avec une note d'intention pour chaque piste.
Règle 2 — Rappelle le brief avant de montrer quoi que ce soit
Commence par rappeler en 2-3 phrases l'objectif du projet, la cible et le message clé. Ça recadre le client dans le bon référentiel. Il ne s'agit pas de ce qu'il « aime » personnellement — il s'agit de ce qui répond au brief.
« Pour rappel, l'objectif est de créer une identité qui communique le savoir-faire artisanal auprès d'une clientèle urbaine sensible au local. Le ton visé est chaleureux et contemporain, pas rustique. Voici les 3 directions que j'ai explorées dans ce cadre. »
Règle 3 — Présente en contexte, pas sur fond blanc
Un logo sur fond blanc dans Illustrator ne dit rien. Le même logo sur une enseigne, une carte de visite et un profil Instagram raconte une histoire. Les mockups ne sont pas du bonus — ils sont essentiels pour que le client se projette.
Pour chaque piste, montre au minimum 3 mises en situation : un support print, un support digital et une application à grande échelle (enseigne, packaging, véhicule). Le client doit voir le logo vivre, pas exister dans le vide.
Règle 4 — Explique tes choix
Pour chaque piste, explique en 3-4 phrases : pourquoi cette direction, ce qu'elle communique et comment elle répond au brief. Ce n'est pas une justification défensive — c'est une démonstration de ton raisonnement professionnel.
« Cette première direction utilise une typographie sérif contemporaine pour évoquer la tradition sans passéisme. Le pictogramme est une abstraction de l'épi de blé, suffisamment géométrique pour fonctionner en favicon. La palette terre et crème renforce le positionnement artisanal. »
Règle 5 — Oriente les retours
Après la présentation, ne demande pas « Qu'est-ce que tu en penses ? ». C'est trop ouvert. Pose des questions précises.
« Quelle direction te semble la plus alignée avec ton positionnement ? » Ça recentre sur le brief, pas sur les goûts.
« Y a-t-il des éléments dans la piste 2 que tu aimerais explorer dans la piste 1 ? » Ça oriente vers des retours constructifs.
« Est-ce que la palette de couleurs fonctionne pour toi, ou tu voudrais qu'on explore d'autres tons ? » Ça isole un élément précis au lieu de tout mélanger.
Règle 6 — Demande une validation écrite
À la fin de l'échange, résume les décisions prises par écrit et demande une validation. « Suite à notre échange, tu retiens la piste 2 avec les ajustements suivants : [liste]. Je passe en phase de corrections sur cette base. Merci de confirmer par retour de mail. »
Un retour oral non confirmé par écrit n'existe pas. Si le client change d'avis plus tard, ta confirmation écrite est ta seule protection.
Tu ne présentes pas un design pour avoir de la validation émotionnelle. Tu le présentes pour avancer dans le projet. Chaque présentation doit se terminer par une décision claire et documentée.