Les corrections illimitées n'existent pas. Si ton devis ne précise pas le nombre de séries de corrections incluses, le client considérera — de bonne foi — qu'il peut demander autant de modifications qu'il veut. C'est la première cause de projets qui débordent en temps et en énergie. Poser une limite dans le devis, c'est protéger ton temps et clarifier les règles pour tout le monde.
Combien de séries inclure
2 séries de corrections est le standard professionnel pour la majorité des prestations en design graphique. C'est suffisant pour affiner un travail bien cadré dès le départ. Si tu as besoin de plus de 2 séries, c'est souvent le signe d'un brief insuffisant ou d'un changement de direction en cours de route.
Pour les projets complexes (identité visuelle complète, édition), tu peux monter à 3 séries. Pour les petites prestations (carte de visite, flyer), 1 à 2 séries suffisent.
Qu'est-ce qu'une « série » de corrections
Une série = un envoi consolidé de retours de la part du client, suivi d'une intégration globale de ta part. Pas 15 e-mails avec des modifications au fil de l'eau. C'est un point essentiel à expliquer au client dès le début.
Une correction est un ajustement dans le cadre du brief validé. Un changement de direction (« finalement je préfère du bleu au lieu du vert ») n'est pas une correction — c'est une reprise qui se facture en supplément.
Comment le formuler dans le devis
« Le présent devis inclut 2 séries de corrections par livrable. Chaque série correspond à un envoi consolidé de retours par le client, suivi de l'intégration des modifications. Les corrections supplémentaires au-delà de 2 séries seront facturées au tarif horaire de [X] € HT/heure. Tout changement de direction créative par rapport au brief validé constitue une prestation complémentaire et fera l'objet d'un avenant. »
Les trois éléments clés de cette formulation : le nombre de séries incluses, la définition d'une série (envoi consolidé) et le tarif au-delà. Sans ces trois points, la clause est incomplète.
Comment gérer le dépassement
Avant d'atteindre la limite
Préviens le client quand tu entames la dernière série incluse. « Je vais intégrer cette dernière série de corrections incluse dans le devis. Si tu as d'autres ajustements ensuite, ils seront facturés en supplément à [X] €/h. » C'est transparent, professionnel et non conflictuel.
Quand la limite est atteinte
Ne continue pas à travailler gratuitement en espérant que « ce sera la dernière ». Envoie un message clair avec un chiffrage.
« Les 2 séries de corrections incluses dans le devis ont été réalisées. Pour les ajustements supplémentaires que tu souhaites, j'estime environ 2 heures de travail, soit [montant] € HT. Je peux te préparer un avenant si tu souhaites poursuivre. »
Comment réduire le nombre de corrections
Le meilleur moyen de rester dans les 2 séries n'est pas de limiter le client — c'est de cadrer le projet en amont.
Un brief solide et validé par écrit. Si le brief est clair, les pistes créatives sont plus ciblées et les corrections portent sur des détails, pas sur la direction.
Un moodboard validé avant la création. Le client valide l'ambiance visuelle avant que tu dessines quoi que ce soit. Ça élimine les « finalement je voulais quelque chose de complètement différent ».
Des retours consolidés. Demande au client de regrouper tous ses retours en un seul envoi au lieu d'envoyer des modifications au compte-gouttes. Ça structure l'échange et évite les corrections de corrections.