Comment gérer les retours client et les demandes de modifications

Cadrer les allers-retours sans nuire à la relation.

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Les retours font partie du processus de design. Le problème n'est jamais qu'un client ait des retours — c'est quand ces retours deviennent flous, contradictoires ou infinis. La solution se joue avant le premier envoi de maquette, pas après le cinquième aller-retour.

Cadre le processus dès le devis

Le nombre de séries de corrections doit figurer dans ton devis. Deux séries est un standard professionnel. Précise ce qui se passe au-delà : facturation à l'heure, avec un tarif annoncé.

Définis aussi ce que tu entends par « correction ». Un ajustement de couleur, c'est une correction. Refaire entièrement la direction créative après validation de la piste, c'est un nouveau poste de travail.

Structure les retours du client

Le client qui écrit « c'est pas mal mais il manque quelque chose » ne sait pas formuler son besoin. C'est normal — il n'est pas designer. Aide-le avec des questions précises.

Questions pour cadrer un retour vague

« Qu'est-ce qui fonctionne dans la proposition actuelle et que tu souhaites garder ? »

« Quel élément te gêne le plus ? La couleur, la composition, la typographie, le ton général ? »

« Peux-tu me montrer un exemple visuel de ce vers quoi tu voudrais aller ? »

Demande toujours les retours par écrit. Un e-mail ou un commentaire annoté sur Figma vaut mieux qu'un appel téléphonique de 45 minutes dont personne ne se souviendra pareil.

Distinguer retour légitime et changement de scope

Un retour légitime porte sur l'exécution du brief validé. « Le vert est trop foncé » ou « le logo manque de contraste en petit » sont des retours normaux.

Un changement de scope, c'est quand le client revient sur une décision déjà validée ou ajoute des livrables. « Finalement, on voudrait un style complètement différent » ou « Tu pourrais aussi faire les cartes de visite ? » — ça nécessite un avenant au devis.

À retenir

Ne dis jamais « c'est hors devis » sans proposer de solution. Dis plutôt : « C'est faisable, voici ce que ça implique en temps et en coût supplémentaire. »

Comment répondre à un retour que tu trouves mauvais

Le client veut du Comic Sans sur son identité corporate. Ça arrive. Ta réponse ne doit pas être « non » — elle doit être pédagogique. Explique pourquoi ta proposition fonctionne mieux, avec des arguments concrets : lisibilité, cohérence avec le secteur, durabilité.

Si le client insiste après explication, applique sa demande. C'est son projet et son argent. Garde une trace écrite de ta recommandation. Si le résultat final ne te représente pas, tu n'es pas obligée de l'inclure dans ton portfolio.

Rythmer les validations

Ne présente jamais une maquette « finale » sans jalons intermédiaires. Organise le projet en étapes avec validation à chaque palier : moodboard, direction créative, maquette, ajustements, fichiers finaux. Chaque validation écrite empêche un retour en arrière gratuit.

Modèle d'e-mail de recadrage

« Bonjour [prénom],

Merci pour tes retours. J'ai bien noté les ajustements demandés. On en est à la deuxième série de corrections incluses dans le devis initial. Si d'autres modifications sont nécessaires après celle-ci, elles seront facturées au tarif de [X] €/heure, comme prévu.

Je t'envoie la version révisée d'ici [date]. N'hésite pas si tu as des questions. »

Emplacement vidéo — Gérer un retour client difficile
En résumé
  • Fixe le nombre de corrections dans le devis (2 séries standard)
  • Demande les retours par écrit et pose des questions précises
  • Distingue correction légitime et changement de scope
  • Argumente tes choix de design sans bloquer la décision du client
  • Valide à chaque étape pour éviter les retours en arrière