Forfait ou taux horaire — Comment facturer

Deux logiques de facturation, deux rapports au temps. Quand utiliser l'une ou l'autre.

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La question n'est pas « lequel est mieux » en absolu. C'est « lequel est adapté à cette mission, avec ce client, à ce stade de ta carrière ». Les deux modes de facturation ont des avantages et des risques — et les combiner est souvent la meilleure stratégie.

Le forfait

Le principe

Un prix fixe pour un livrable défini. Le client sait exactement combien il va payer. Toi, tu gagnes plus si tu es rapide et moins si tu dépasses ton estimation.

Avantages

Le client est rassuré — pas de mauvaise surprise. Tu es récompensée pour ton efficacité : plus tu es expérimentée, plus vite tu produis, plus ton taux horaire réel augmente. Le forfait valorise la valeur du livrable, pas le temps passé.

Risques

Si tu sous-estimes le temps, tu travailles à perte. Si le client multiplie les retours, le projet déborde sans compensation. Le forfait ne fonctionne que si le périmètre est verrouillé dans le devis — nombre de pistes, nombre de corrections, livrables précis.

Idéal pour : les prestations récurrentes dont tu connais le temps (logo, charte, carte de visite), les clients qui veulent un prix clair, les projets à périmètre bien défini.

Le taux horaire (ou journalier)

Le principe

Tu factures le temps réellement passé. Le client paie pour chaque heure ou journée de travail.

Avantages

Pas de risque de sous-estimation — chaque heure est payée. Si le client change de direction ou ajoute des demandes, le compteur tourne. C'est le mode le plus transparent sur la charge de travail réelle.

Risques

Le client n'a pas de visibilité sur le montant final — ça crée de l'anxiété et des demandes de reporting. Plus tu deviens rapide, moins tu gagnes pour le même livrable. Certains clients perçoivent le taux horaire comme une incitation à travailler lentement (c'est injuste mais réel).

Idéal pour : les missions en régie (plusieurs jours chez un client), les projets au périmètre flou ou évolutif, les corrections et ajustements post-livraison, la direction artistique au fil de l'eau.

L'approche hybride

La stratégie la plus courante en pratique : forfait pour le cœur du projet, taux horaire pour les dépassements.

Exemple de formulation

« Création du logo : 2 000 € HT (forfait). Inclut 3 pistes créatives et 2 séries de corrections. Au-delà de 2 séries, les corrections sont facturées à 60 € HT/heure. »

Cette approche donne au client la prévisibilité du forfait tout en te protégeant contre les dépassements. C'est la formulation la plus équilibrée pour les deux parties.

Comment choisir

Tu connais bien la prestation et tu peux estimer le temps ? → Forfait. C'est plus valorisant et le client préfère.

Le projet est flou, le client ne sait pas encore ce qu'il veut ? → Taux horaire ou journalier avec une estimation indicative. Ça te protège pendant la phase d'exploration.

Le client te demande de choisir ? → Propose un forfait avec garde-fou horaire au-delà. C'est le meilleur des deux mondes.

À retenir

Le forfait te force à bien cadrer en amont (brief, périmètre, livrables). Le taux horaire te force à bien tracker ton temps. Dans les deux cas, la rigueur fait la rentabilité.

Emplacement vidéo — Forfait ou taux horaire : quand choisir
En résumé
  • Forfait : prix fixe, valorise l'efficacité, exige un périmètre verrouillé
  • Taux horaire : paiement du temps réel, adapté aux projets flous ou en régie
  • Hybride (forfait + horaire au-delà) : le meilleur compromis en pratique
  • Forfait pour les prestations récurrentes bien maîtrisées
  • Taux horaire pour les missions à périmètre évolutif